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Science

Mindfulness & Science

MINDFULNESS ET SCIENCE ?

La méditation a suscité un intérêt croissant dans la communauté scientifique au cours des dernières décennies. De nombreuses études scientifiques ont été menées pour explorer les effets de la pratique de la méditation sur divers aspects de la santé, du fonctionnement cérébral et du comportement humain. Les scientifiques cherchent à expliquer comment la méditation peut améliorer notre bien-être émotionnel et cognitif ainsi que notre connexion entre le corps et l’esprit. Cette recherche a été largement influencée par l’émergence de la Pleine Conscience dans le domaine médical à la fin des années 1970.

LES FONDEMENTS SCIENTIFIQUES DES PROGRAMMES INTÉGRANT LA PLEINE CONSCIENCE

Jon Kabat-Zinn, docteur en biologie moléculaire, a développé le programme MBSR dans le cadre de la médecine intégrative en 1979 à la Faculté de Médecine du Massachusetts. Depuis sa création, ce programme a été largement étudié pour évaluer et objectiver ses bienfaits. 

Son format et ses effets positifs sur la santé ont rapidement attiré l’attention de la communauté scientifique. Par la suite, les professeurs en psychologie Zindel Segal (Université de Toronto), John Teasdale et Mark Williams (Université d’ Oxford) ont exploré la méditation dans le cadre de leurs recherches sur la dépression, donnant naissance au programme MBCT dans les années 2000.

De nombreuses études ont confirmé les bienfaits des approches basées sur la Pleine Conscience sur la santé, tant physique que mentale. Elles ont prouvé leur efficacité pour réduire les symptômes de divers troubles, tels que le stress (y compris le stress post-traumatique), les douleurs chroniques, l’anxiété, les rechutes dépressives, l’insomnie, les troubles alimentaires et les addictions, ainsi que pour prévenir l’épuisement professionnel.

VALIDATION ET  RECONNAISSANCE DE LA PLEINE CONSCIENCE PAR LA COMMUNAUTÉ SCIENTIFIQUE

Depuis les années 2000, le nombre d’études sur les programmes de Pleine Conscience a fortement augmenté, avec plus de 600 études menées chaque année.

En 2013, l’American Mindfulness Research Association a été créée pour promouvoir des normes de recherche et fournir des ressources dans ce domaine, réunissant des experts comme Richard Davidson, Rebecca Crane et Mark Williams

En 2018, l’Université du Massachusetts a établi une division dédiée à la Pleine Conscience, marquant ainsi son engagement continu dans la recherche médicale. C’est un autre signe fort de l’accélération de la reconnaissance des approches basées sur la Pleine Conscience par le monde scientifique.

En France, des recherches importantes sont également en cours, telles qu’une étude de l’Inserm sur l’impact de la méditation sur la prévention de la maladie d’Alzheimer, ainsi que des études sur le cancer menées à Strasbourg et à l’Hôpital Gustave Roussy de Villejuif.

EXPLORATION SCIENTIFIQUE DES MÉCANISMES DE LA PLEINE CONSCIENCE 

Les découvertes en neurosciences révèlent que la pratique de la méditation peut modifier notre cerveau, que l’on soit débutant·e ou expert·e. Des changements dans la structure et le fonctionnement du cerveau sont observés, avec la création de nouvelles connexions neuronales et une augmentation du volume de matière grise dans certaines régions. Ces changements sont mesurés grâce à des techniques d’imagerie cérébrale et montrent une baisse d’activité de l’amygdale, associée aux émotions telles que la peur et l’anxiété, ainsi qu’une augmentation de l’activité dans l’insula et le cortex préfrontal, qui sont impliqués dans l’attention et le contrôle émotionnel. Ces effets favorisent une meilleure régulation émotionnelle. Par exemple, le cortex insulaire, qui joue un rôle essentiel dans la perception des sensations internes, la douleur et la conscience émotionnelle, intervient dans la modulation des systèmes nerveux sympathique et parasympathique.

La méditation peut contribuer à favoriser l’équilibre interne du corps en activant la branche parasympathique du système nerveux autonome, qui est associée à la relaxation, tout en réduisant l’activité de la branche sympathique liée au stress. En stimulant nos mécanismes naturels d’autorégulation, la méditation crée des conditions propices à la guérison et à une meilleure santé, tant sur le plan physique que mental.
Il est néanmoins important de noter que ces résultats sont préliminaires et que de nombreuses recherches sont encore nécessaires pour éventuellement les confirmer.

Les bénéfices de la méditation ne se limitent pas au cerveau ; ils se manifestent également au niveau neurochimique et génétique. Certaines études suggèrent des effets positifs sur l’inflammation, l’immunité et le processus de vieillissement cellulaire.

De plus, la méditation semble agir sur les marqueurs physiologiques du stress, régulant l’humeur et renforçant le système immunitaire en influençant le niveau de certaines hormones et neurotransmetteurs. Les pratiquant·es de la méditation montrent généralement une augmentation des hormones liées au bien-être, telles que la dopamine, la sérotonine et les endorphines, ainsi qu’une diminution des hormones associées au stress, comme le cortisol et la noradrénaline.

Des recherches ont également constaté une diminution des cytokines, des molécules inflammatoires sécrétées par les cellules immunitaires, chez les personnes pratiquant la méditation. De plus, la méditation semble influencer les enzymes qui régulent la lecture du génome, ce qui réduit l’expression des gènes impliqués dans les processus inflammatoires. Ces changements peuvent indiquer une meilleure régulation du système immunitaire, limitant ainsi les réponses inflammatoires chroniques susceptibles de conduire à des maladies.

En outre, la méditation pourrait contribuer à ralentir le processus de vieillissement en stimulant l’activité de la télomérase, une enzyme impliquée dans la préservation de la longueur des télomères, des structures d’ADN liées au vieillissement cellulaire.

Il est important de ne pas nourrir d’attentes irréalistes par rapport à la méditation et de garder à l’esprit que la méditation ne remplace jamais un traitement, mais qu’elle peut, en cas d’indication d’un professionnel qualifié, s’avérer être un complément très bénéfique.